Quand le papier devient Art
Tournant décisif dans l'oeuvre de
J. M. Letellier, l'artiste s'envole en 1997 pour le Japon. C'est là,
au Hall of Japanese Hand Made Paper, que Monsieur Minoru Fujimori l'initie
aux techniques japonaises de fabrication du papier.
" Trésor national vivant " - un titre honorifique décerné
par le gouvernement nippon aux détenteurs d'un précieux
savoir culturel - ce dernier lui enseigne la méthode nagashizuki.
Cap
sur le Népal, où il séjourne près de deux
ans. Employé par la société Lama-Li comme designer
de papiers, il met à profit son expérience japonaise dans
la cadre d'une entreprise locale, où il dirige une unité
de fabrication. L'occasion pour lui d'expérimenter de nouvelles
fibres
Lauréat
d'une bourse de l'A.F.A.A. en 1999, J. M. Letellier se voit convié
à la Villa Kujoyama de Kyoto (Japon). Dans cet environnement
artistique, il oriente ses recherches vers la fabrication de feuilles
avec filigranes. Un procédé qu'il revisite à SA
manière.
Dans
l'atelier-musée de Yamakawa-cho, il invente le filigrane libre.
En pratique, il utilise toutes sortes d'instruments usuels pour projeter
de l'eau sur le papier en cours de fabrication. Tuyau ou rampe d'arrosage,
pistolet à eau, spray à vitres, douche ou pomme d'arrosoir
: tout est bon pour manier le jet ou la goutte.
Autre
approche du filigrane, il dispose sur le tamis des gabarits métalliques,
qu'il remplit de pâte pour obtenir des formes opaques, ou laisse
au contraire en réserve pour jouer sur la transparence.
Temps
fort de cette période : une série de grands panneaux sur
l'astre lunaire et les totems.
Invité
en résidence dans le petit village d'Imadate - berceau du papier
japonais où l'on perpétue cette tradition depuis 1500
ans - l'artiste ne pouvait rêver mieux pour poursuivre son travail.
Dans
l'un des 40 ateliers de l'endroit, il met au point une technique d'inclusions.
Il s'agit cette fois d'incruster dans la feuille divers matériaux,
tels que ficelles, baguettes de bambou, découpes de papier adhésif,
ou fils de fer
Le résultat tient à la fois du filigrane
et du gaufrage, dans ce va-et-vient cher à l'artiste entre épaisseur
et transparence.
J.
M. Letellier vit aujourd'hui à Paris, le regard tourné
vers lAsie.
Ses
expositions européennes rencontrent un large écho auprès
des designers, qui voient dans ses uvres un nouveau champs d'applications
pour leurs produits.
Jérôme Lart (lauréat de la bourse AGORA en 1999)
le premier. Inventeur d'une structure de paravent aussi ingénieuse
qu'élégante, il offre à J. M. Letellier le support
idéal à ses panneaux grands formats.
De nouveaux horizons se dessinent pour lartiste du papier
DATES DES EXPOSITIONS